Ces moments où l’histoire oblige à souder les rangs

Une fiction ! Enfin. Une fiction pour parler de 2027, de la campagne, mais surtout de tout ce qui déborde une campagne : les luttes, l’organisation, les collectifs, les alliances, la puissance que l’on construit et celle qui parfois échoue, ce qui vient après une élection et ce qui peut surgir malgré elle. 

C’est tout le pari de Sorel dans 2027. La mort du Vieux monde : faire de la littérature avec de la politique sans transformer le roman en tract, faire entrer dans le récit les débats stratégiques, les joies militantes, les défaites, les hésitations, les rapports de force, les chansons et même les querelles théoriques, et parvenir pourtant à raconter. Car ce livre est d’abord un roman, mais un roman lesté d’une connaissance très concrète de l’engagement politique. 

Cela se sent presque à chaque page : l’auteur est un militant de longue date, soucieux de transmission et, plus encore peut-être, soucieux de cette question que tant de textes militants contournent : comment gagner ? Et non comment avoir raison. Ni seulement comment être du bon côté. Gagner. Et chercher les voies de la victoire sans jamais céder pour autant à l’irénisme, à l’idéalisme ou à la naïveté. 

C’est précisément pourquoi nous avons besoin de récits comme celui-ci, de dispositifs narratifs capables de faire de la politique autrement, de desserrer ce que le présent impose comme horizon, de libérer un peu les imaginaires, de donner à voir autrement la force des luttes, mais aussi les joies, les amitiés, les liens qui se nouent lorsqu’on agit ensemble. Quelque chose d’original, de frais et de fort passe là. Aurore Koechlin l’écrit dans sa préface : ce livre pourrait « constituer une petite pierre dans l’édifice de la victoire ».

Une petite pierre, certes. Mais encore faut-il imaginer l’édifice. Et le roman ne choisit pas, pour cela, un départ confortable. Son premier geste est au contraire…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: ugopalheta