Mellionnec (Côtes-d’Armor), reportage
Continuer à foncer dans le mur, lancés à pleine vitesse sur des autoroutes de bitume survolées de drones et bordées de centrales nucléaires ? Ou écraser le frein et laisser son imagination s’envoler ? C’est cette voie de traverse que propose la deuxième édition du festival gratuit La Machine dans le jardin, les 27, 28 et 29 juillet à Mellionnec dans les Côtes-d’Armor.
L’objectif est d’inviter les participants à déployer de nouveaux imaginaires et utopies techniques écologistes, féministes et décoloniaux, à opposer aux fantasmes technosolutionnistes mortifères notamment portés par certains entrepreneurs milliardaires du numérique. Un chantier vaste et enthousiasmant pour ce village de quelque 400 habitants, tout de granit et volets bleus dans son écrin de campagne verdoyante.
À l’origine et aux manettes du festival, l’historienne des techniques Fanny Lopez, la philosophe spécialiste de l’utopie et de la science-fiction Alice Carabédian et les libraires Élise Feltgen et Robin Kerguillec, réunies autour d’une petite table dans l’odeur du café chaud — la librairie du couple, Le Temps qu’il fait, fait aussi buvette.
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Conquête spatiale, smart grid, 5G… Présentées comme neutres, ces inventions sont en réalité structurées par des intérêts financiers et pétries d’idéologie accélérationniste, extractiviste, individualiste. Et façonnent à leur tour nos imaginaires, dans un véritable cercle vicieux. Exemple avec l’ascenseur, « apparu dans les mines pour augmenter la productivité et le travail, qui a ensuite permis aux grands immeubles et aux premiers grands trusts [des entreprises très puissantes] de se développer », indique Fanny Lopez. Et le nucléaire, qui repose sur l’utopie « déterrestrée » d’une énergie abondante et hors-sol, où la question des…
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Auteur: Émilie Massemin

