Auxerre (Yonne), reportage
Garé sur le parking au milieu des voitures et camions, le camping-car blanc se fond dans le décor : seuls ceux qui le cherchent peuvent l’identifier. Pour ce faire, un discret logo est inscrit à l’arrière de la carrosserie avec le numéro de téléphone du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (Caarud) d’Auxerre, dans l’Yonne.
En plus d’un accueil fixe là-bas, depuis 2016, les salariés sillonnent trois fois par semaine le département à bord de ce véhicule à la rencontre des usagers de stupéfiants habitant en milieu rural, là où il n’y a pas de structures d’accompagnement.
Ici, ils trouvent une écoute, du matériel stérile (seringues, kits d’injection), font analyser leurs produits et réalisent des dépistages de l’hépatite B ou C ou du VIH. Sans être un lieu de consommation, l’accueil y est anonyme, gratuit et sans condition d’abstinence. En France, il existe près de 150 Caarud répartis sur le territoire et près de 60 % d’entre eux disposent d’une unité mobile.
Autant de stupéfiants que dans les grandes villes
« Dans l’Yonne, l’accès aux stupéfiants est très simple, c’est aussi facile de s’en procurer que dans les grandes villes », souffle Élodie Moulin, éducatrice spécialisée. Pendant qu’elle est installée à l’arrière du camping-car pour préparer le matériel, sa collègue infirmière Marine Sauvion, consulte les SMS des personnes ayant prévu de venir afin d’organiser leur journée. Le premier arrêt est à Migennes, commune de 7 400 habitants dans le nord du département.
Cocaïne, héroïne, amphétamines, kétamine, ecstasy… Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), la Bourgogne-Franche-Comté se démarque par une surmortalité due aux surdoses liées aux drogues illicites. En 2021, il enregistrait ainsi 1,2 décès par surdose pour 100 000…
Auteur: Jeanne Cassard, Mathieu Génon

