Belle avancée, ou joli coup de bluff ? Lundi 8 juin, le gouvernement s’est félicité d’avoir placé sous « protection forte » trois nouvelles zones de l’espace maritime français — dans les Terres australes et antarctiques françaises, en Guadeloupe et dans la baie d’Audierne (Finistère). Elles couvriront plus de 900 000 km². Mais derrière le label grandiloquent de « protection forte » se cache une coquille vide, regrette François Chartier, chargé de campagne océans au sein de Greenpeace France.
Reporterre — Quel regard portez-vous sur la récente création de trois nouvelles aires marines « fortement » protégées par le gouvernement ?
François Chartier — Malheureusement, cette démarche relève plus du marketing que de la science. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a établi des catégories d’aires marines protégées, qui font référence au niveau international. Les plus efficaces pour la biodiversité sont la protection « intégrale » (ou « stricte »), qui n’autorise aucune activité extractive, et la protection « haute », qui exclut les plus destructrices (comme le chalutage par exemple).
La protection « forte » à la française, elle, n’a pas de définition concrète : c’est du cas par cas, aux contours très vagues, qui ne s’appuient pas sur des critères robustes et scientifiques. On ne sait pas quelles activités seront concrètement interdites dans ces zones.
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Pour être efficace, un réseau d’aires marines protégées doit être représentatif des différents bassins. Protéger des zones énormes dans les Terres australes et antarctiques françaises ne change absolument rien aux enjeux de protection des écosystèmes en Méditerranée. On retrouve toujours le même problème : en Atlantique et dans les départements d’outre-mer, là où il y a des conflits…
Auteur: Hortense Chauvin

