Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales), reportage
« Les jardins ne nous menacent pas, ils nous nourrissent », arbore une pancarte décorée avec des arbres, une poule géante et un minipoulailler. En cette matinée du 3 août, près de 80 personnes sont rassemblées devant l’hôtel de ville d’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. En plus des journalistes, des habitants de la commune et des alentours sont venus manifester leur colère.
Une semaine après les incendies de Trévillach ayant parcouru 4 900 hectares, la municipalité élue en mars et dirigée par Alain Fabresse, délégué départemental de l’Union des droites pour la République (UDR), a décidé de supprimer dix-neuf jardins familiaux situés en contrebas de la ville, près de la route départementale 66. Le 5 juillet, le feu s’est introduit dans cette zone, détruisant la plupart de ces jardins, ainsi que des champs et des habitations.
Une décision brutale et soudaine
Pour les bénéficiaires, cette décision est « brutale ». Avertis par un simple courrier ou la visite d’un représentant de la mairie, sans « explications, ni lettre recommandée ni préavis », la commune ne leur laisse que quelques semaines pour récupérer leurs affaires avant de procéder à la « remise en état du site ».
« Ces jardins, on les travaille. Même s’ils appartiennent à la ville, on n’a pas le droit de nous les reprendre comme ça ! » entonne Hayat devant l’assemblée réunie. Mère de quatre enfants, dont deux d’entre eux sont porteurs d’un handicap, elle décrit son jardin comme un véritable « coin de paradis ». Seule la porte avait survécu aux flammes, mais celle-ci a été volée le matin même. Malgré la perte subie, les jardiniers se disent prêts à repartir de zéro. « On veut bien payer de notre poche pour tout refaire », déclare Fatima, dont le jardin a aussi brûlé durant l’incendie.
Depuis 1949, la commune met des…
Auteur: Antoine Berlioz, Claire Lengrand

