Ce n’est pas dur d’avoir 20 ans en 2020. C’est humiliant. C’est violent. C’est affamant. C’est froid, glacial.
En 2021, c’est mortel.
Inutile de rappeler les mort·e·s. Celles et ceux qui ont sauté, pris des cachets, tranché leurs veines. Inutile de compter le nombre de ceux qui y ont pensé. Vous n’y arriverez pas.
On parle beaucoup de cette jeunesse en ce moment. Celle qui déprime de manière industrielle. Celle qui décroche, qui arrête les études, qui démissionne. Celle qui va en rave party un 31 décembre. Cette jeunesse qui ne vote pas. Cette jeunesse isolée, individualisée, cachée derrière son écran pour suivre les cours, le code de la route, le travail, pour voir ses camarades, ses collègues ses amis, et même pour prendre l’apéro.
Cette jeunesse désignée comme responsable de la propagation du virus, responsable des couvre-feux.
On en parle pas mal de cette jeunesse qui doute du vaccin. De son efficacité, et même de ce qu’il y a dedans.
On en parle vraiment beaucoup de cette jeunesse. Les vieux en parlent beaucoup.
La jeunesse ici décrite ne correspond pas à une tranche d’âge mais à un mode de vie, à des envies et des besoins. La jeunesse ici décrite désigne l’ensemble des personnes qui aspire à quelque chose de plus sensible, de plus désirable et vivant qu’un mortifère mode de vie “métro, boulot, dodo”. Qui n’a pas comme première préoccupation un crédit sur 20 ans ou des responsabilités. Ainsi, les vieux, ce ne sont pas ceux qui ont un certain âge, qui ont passé la crise de la quarantaine où qui sont à la retraite. Ce n’est pas ça un vieux. Un vieux c’est quelqu’un qui appartient à un autre temps. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, 31 ans est un vieux quand il annonce le couvre-feu à 18h. Quand il dit aux “vieux” d’attendre avant de pouvoir prendre rendez-vous pour le vaccin. Il appartient à ce vieux monde, plein de mépris, d’arrogance, de conservatisme puant, que chaque enfant qui sommeille en nous veut voir pourrir.
Et puis y’a l’autre vieux, 43 ans, qui nous a regardé droit dans les yeux, avec son air de chien battu. Sa voix tremblante, ses…
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Auteur: CerveauxNonDisponibles

