L’eau de plus de 500 communes de Bretagne et des Pays-de-la-Loire sera désormais mieux protégée. Le 16 octobre, les membres de la Commission locale de l’eau ont adopté le document fixant les règles pour le partage et la protection de la qualité de l’eau sur tout le bassin du fleuve de la Vilaine. Ce Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) fixe des règles inédites dans un tel document en France, et notamment interdit l’usage de certains pesticides, dans des conditions très précises, dans l’espoir d’améliorer la qualité de l’eau potable. C’est aussi le Sage le plus étendu de France : il concerne 1,2 million d’habitants et couvre 11 000 km².
Une décision inespérée : le suspense durait depuis un an et demi. Tant le gouvernement que les syndicats agricoles productivistes ont tenté de freiner l’adoption de ce Sage. La Commission locale de l’eau, composée d’élus, de représentants des agriculteurs, des milieux économiques et des associations, en a finalement décidé autrement.
Elle a même élu comme président Ludovic Brossard, qui défendait cette interdiction des pesticides. Pour ce conseiller municipal de Rennes et président du service d’eau publique Eau du bassin rennais, cette issue prouve que « quand on en donne les moyens à un territoire, il peut prendre des décisions bien plus ambitieuses pour l’intérêt collectif que le gouvernement ».
Reporterre — Après de multiples rebondissements, c’était presque une surprise que ce Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau de la Vilaine soit enfin adopté, le 16 octobre. Comment cela s’est-il passé ?
Ludovic Brossard — Le projet de Sage avait déjà été validé par la Commission locale de l’eau en mars 2025. Puis il a suivi un très large processus de concertation : les communes, les autorités environnementales, les chambres d’agriculture ont donné leur avis. Une enquête publique a recueilli plus…
Auteur: Marie Astier
