« C'est l'ensemble de l'économie française qu'on doit revoir » : Monique Barbut face au bilan de l'été le plus chaud

Deux ministres, une douzaine de conseillers, reconnaissables à leurs pochettes bleues et costumes sombres, et, au bout de la table, Virginie Schwarz, patronne de Météo-France. Jeudi 3 septembre, au siège de l’agence, climatisé à la géothermie, il ne s’agit plus vraiment de commenter la météo, mais de contempler le bilan d’un été sorti des statistiques.

« L’été 2026 va certainement rester dans l’histoire », commence la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, accompagnée de son assez absent ministre délégué Mathieu Lefèvre. Elle ne force pas le trait. La France vient de vivre son été le plus chaud depuis le début des mesures en 1900 : 24 °C de moyenne, jour et nuit, soit 3,6 °C au-dessus des normales 1991-2020.

L’année 2003, longtemps étalon national de la cuisson estivale, est reléguée loin derrière avec +2,7 °C. Pour 2026, presque la moitié du territoire (45 %) a franchi au moins une fois 40 °C. Et les trois vagues de chaleur ont occupé 53 jours de l’été, contre 33 en 2022.

Sécheresse, soleil et feux de forêt

À mesure que Virginie Schwarz déroule les diapositives, bardées de courbes et de cartes rouges, l’ambiance se rafraîchit curieusement. Et les mines s’assombrissent. L’été a aussi été le deuxième moins pluvieux depuis 1959, avec près de 40 % de déficit. Les sols n’ont jamais été aussi secs en moyenne à l’échelle du pays.

Les façades maritimes, elles, ont connu des températures de surface inédites. Pendant 74 jours consécutifs, au moins un département a été classé en danger élevé de feu de forêt. Même le soleil s’y met : avec plus de 20 % d’excédent, 2026 partage avec 1949 le titre d’été le plus ensoleillé jamais mesuré.

Monique Barbut rend hommage aux quatre pompiers morts cet été, aux soignants, aux agriculteurs, aux élus de terrain. Puis veut voir dans cet été une « France solidaire » face à la…

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Auteur: Laure Noualhat