L’art contemporain exclut-il le spectateur ? Entre provocation, élitisme et discours abstraits, une réflexion sur la place du public dans la création artistique.
Dans le livre Du spirituel dans l’art, Vassily Kandinsky affirmait que la période matérialiste avait façonné, dans la vie comme dans l’art, un type de spectateur incapable de se confronter simplement à l’œuvre. Le spectateur d’aujourd’hui, assure Kandinsky, cherche et analyse tout : chromatisme, composition, coup de pinceau, etc. – sauf la vie intérieure du tableau et l’effet sur sa sensibilité.
Art excluant : tout cela ne serait-il qu’une imposture ?
De fait, aujourd’hui encore, l’art contemporain demeure souvent une expérience non assimilée.

David Lambert-Rod Tidnam/Liverpool Biennial
Le critique britannique John Carey racontait, dans What Good Are the Arts? (2006), que, pour promouvoir la Biennale de Liverpool en 2004, des affiches et badges montrant une poitrine féminine nue et un pubis avec poils pubiens, dessinés par Yoko Ono, avaient été distribués dans la ville.
Cela avait profondément choqué le public britannique. Pour John Carey, les organisateurs étaient convaincus que les citoyens qui s’étaient plaints vivaient à un niveau de sophistication bien inférieur au leur. Ils avaient une posture délibérément excluante, notamment à l’égard des couches de population aux niveaux d’éducation plus faibles que le leur et souvent, aussi, moins favorisées économiquement : le cliché selon lequel il faut « être trop ignorant pour ne pas comprendre cela ». De toute évidence, la Biennale…
Auteur: Antonio Félix Vico Prieto, Profesor Educación Musical, Universidad de Jaén, Universidad de Jaén

