L’internationalisme apparaît souvent comme une notion abstraite : on s’en revendique volontier mais on ne sait pas trop comment le mettre réellement en place, ni des fois ce qu’il signifie vraiment. Depuis deux ans, toutefois, avec le génocide à Gaza, celui-ci a repris un sens plus évident. Mais on l’a vu aussi via la solidarité avec les victimes d’autres guerres : résistance ukrainienne à l’invasion russe, bombardements israéliens contre le Liban, massacres génocidaires au Soudan… D’une manière générale, alors que nos vies sont déterminées par “l’international”, pas seulement en raison des guerres, mais du fait d’un capitalisme entièrement globalisé, reposant sur des relations Nord-Sud coloniales ou néocoloniales, et produisant une catastrophe climatique elle aussi mondiale, notre approche politique reste bien souvent très “nationale” et l’idée d’aborder l’internationalisme ressemble à une volonté humanitaire morale très louable mais un peu hors-sol. Le fait, qu’en France, on nous fasse croire que le seul vrai moment politique qui nous permettrait d’agir serait l’élection présidentielle, une élection par définition intrinsèquement “nationale”, n’aide pas beaucoup. En mars 2025, sortait aux Editions Zones, un “manifeste internationaliste” intitulé Révolutions de notre temps, rédigé par une soixantaine de révolutionnaires à travers le monde, réuni par le réseau Les Peuples Veulent. Celui-ci permet de donner des pistes. Regardons ça de plus près.
L’internationalisme permet de tirer des leçons de ce qui s’est passé ailleurs
Un des premiers objectifs du livre, qui met en commun des expériences révolutionnaires de nombreux pays, est aussi celui de l’internationalisme : apprendre des autres, de ce qui a fonctionné comme de ce qui ne fonctionne pas. Ce Manifeste internationaliste propose donc de regarder en face la défaite, non pas pour s’y complaire, non pas…
Auteur: Rob Grams

