Assurément, si la population de loups progresse en France, ils ne sont pas près de montrer le bout de leur queue au Palais du Luxembourg. Les sénateurs ont adopté, ce jeudi 2 juillet, en fin d’après-midi et après de vifs débats, l’article 14 du projet de loi d’urgence agricole sur les moyens de lutte contre la prédation du loup. Il s’agit de l’un des volets les plus controversés de ce texte fleuve, épinglé par les défenseurs de l’environnement, mais présenté comme une réponse au désarroi des éleveurs, victimes ces dernières années d’un nombre grandissant d’attaques sur leurs troupeaux.
Avec cet article 14, le gouvernement a voulu profiter du récent changement de statut juridique du loup au niveau européen. En mars 2025, le degré de protection du canidé est ainsi passé « d’espèce strictement protégée » à « espèce protégée », du fait de l’amélioration de son état de conservation. En conséquence, le texte assouplit les mécanismes de régulation des populations. Surtout, il inscrit les mesures de lutte contre la prédation, jusque-là définies par arrêté ministériel, dans la loi.
« La prédation a considérablement évolué sur le territoire national : 4 440 attaques en 2025, près de 13 000 victimes, des chiffres qui sont en augmentation de 15 %. Il était indispensable de tirer, au niveau national, les conséquences du déclassement au niveau européen du loup », a expliqué Mathieu…
Auteur: Romain David

