En 1976, l’historien britannique Perry Anderson proposait, dans un livre de référence, le concept de “marxisme occidental”. Celui-ci désignait un ensemble d’auteurs et de théories marxistes qui ont émergé en Europe de l’Ouest entre les années 1920 et 1970 et rassemblant des auteurs comme Georg Lukács, Antonio Gramsci, Theodor W. Adorno, Herbert Marcuse, Walter Benjamin, Jean-Paul Sartre ou encore Louis Althusser. Ce “marxisme occidental” se distinguerait du “marxisme classique” incarné par des figures comme Marx, Lénine, Rosa Luxemburg ou Léon Trotsky, et du “marxisme officiel” stalinien qui se serait développé en URSS. L’année dernière les Editions Sociales rééditaient, avec une préface inédite, ce texte, qui ne dissimule ni son approche assez critique de ce “marxisme occidental” ni ses sympathies trotskistes. La postface est, elle, un modèle en termes de capacité d’autocritique sur son propre texte, et une ouverture plus grande à une lecture non dogmatique du marxisme que le texte original. Si tous ces noms ne vous sont pas tous très familiers, pas d’inquiétude, nous allons les passer rapidement en revue ! Ce premier article sera donc consacré à ce “marxisme classique” selon Perry Anderson, qui sera complété par un second sur le “marxisme occidental”.
Petits rappels historiques sur l’origine du marxisme et sa diffusion
Lorsque Marx écrivait que les philosophes n’avaient fait qu’interpréter le monde alors qu’il s’agissait désormais de le transformer, il définissait un programme historique et affirmait une rupture avec une philosophie hors sol. Le marxisme naît ainsi au XIXe siècle comme une théorie liée à l’action, indissociable d’un mouvement ouvrier organisé et international.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le capitalisme, entré dans une phase monopoliste (une période où quelques très grandes entreprises dominent) et impérialiste…
Auteur: Rob Grams

