Là je me dois de passer une anecdote, racontée par un copain décédé maintenant.
Au tout début des années 70 le journal révolutionnaire La Cause du Peuple avait été interdit. Malgré tout il continuait à être imprimé, et se vendait sous le manteau. Mon copain, pilote offset, préparait les plaques, puis allait les déposer dans un lieu convenu, et faillit se faire prendre. Là, je le cite :
« Il m’arriva même, près du cimetière du Père Lachaise, d’être pris à l’aube dans un « merdier » de C.R.S. qui avaient passé la nuit à vainement départager les Arabes des Juifs du quartier voisin de Belleville en émeute… : J’avais, sous le tapis de sol de ma petite VW, les plaques photo-gravées du nouveau numéro de « La Cause du Peuple », que j’avais passé la nuit à faire et que j’allais livrer, pour parution clandestine immédiate. Les C.R.S. fouillèrent ma voiture, cherchant des armes : L’un d’eux découvrit les plaques, à l’envers, et m’interrogea. « C’est pour protéger mon plancher bouffé par la rouille, que j’ai mis çà là… » expliquais-je, mal assuré…
« C’est bon, circulez »… : Ouf ! »
Ce que mon copain ne savait pas, c’est que c’est Jean-Paul Sartre qui a repris les rênes de ce journal quand sa parution a été à nouveau autorisée, il a démissionné avant sans savoir qui ce serait. Sinon, bien entendu il serait resté.
(oui, j’ai repris un paragraphe de ses mémoires passionnantes, un ouvrage nommé « Le Piège » que je l’avais aidé à auto-éditer. S’il y en a que cela intéresse, je l’ai en pdf.)
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