Veracruz (Mexique), correspondance
« Le golfe n’est pas une zone de sacrifice ! » Alors que le pétrole se déverse depuis plus d’un mois sur les plages du golfe du Mexique, les slogans d’un groupe de manifestants traduisent la colère de la population. Le 5 avril, une centaine d’activistes et habitants du port de Veracruz, dans le sud-est du pays, ont manifesté le long des plages remplies de touristes malgré la catastrophe en cours. « C’est la pire marée noire de l’histoire du Mexique », affirme Roberto Juarez, activiste environnemental venu spécialement de Mexico.
Début mars, de premiers signalements ont alerté sur des dépôts de pétrole le long de côtes du golfe et le phénomène s’est rapidement transformé en une marée noire inédite. Plus d’un mois après, même si le pire de la crise semble être passé, des restes d’hydrocarbures continuent de s’échouer sur certaines plages, et les craintes augmentent quant à l’étendue réelle des dégâts.
Les autorités affirment avoir nettoyé 700 tonnes de restes de pétrole dans un périmètre de 630 km de côte. Mais le regroupement d’organisations locales Red Corredor Arrecifal del Golfo affirme que ce sont 933 km de littoral, à cheval sur trois États du pays, qui sont affectés, selon leur carte collaborative.
Dommages irréversibles
En plus des plages infestées de taches noires, la faune marine comme terrestre est l’une des premières victimes. Si les données précises manquent, de nombreux spécimens de pélicans ont été vus coincés dans le pétrole alors que des tortues et des dauphins ont été retrouvés morts à cause des eaux polluées.
Les pêcheurs et activistes redoutent une contamination invisible et durable des eaux. Mais aussi une dégradation irréversible du grand récif de corail du golfe du Mexique, long de 600 km, déjà largement affaibli par l’activité pétrolière offshore et le dérèglement climatique.
« Les…
Auteur: Julien Delacourt

