Les derniers mois ont vu se succéder un enchaînement d’actes de violence spectaculaire et terroriste, comme le meurtre du du PDG de la compagnie d’assurances UnitedHealthcare Brian Thompson à New York, le suicide du vétéran Matthew Livelsberger à Las Vegas, ou encore l’attaque à la voiture bélier à Magdebourg en Allemagne.
La tentation est parfois grande d’expliquer ces événements déroutants par le recours à des troubles de santé mentale. Ces types d’interprétation se sont récemment multipliés pour expliquer les décisions peu orthodoxes du président américain Donald Trump. Mais est-ce légitime et souhaitable ?
Le retour au pouvoir de Donald Trump pour un nouveau mandat centré sur la « colère » populaire a en effet donné lieu depuis à de nombreuses interprétations de ce genre. De multiples décrets et déclarations chocs du président américain (on peut penser aux déclarations sur le « nettoyage » de la bande de Gaza) sont d’ailleurs déjà analysés par certains comme symptomatiques d’une maladie mentale.
(AP Photo/Jose Luis Magana)
Tandis que certains analystes discutent et débattent du programme « choc et effroi » de l’administration Trump, qu’ils le considèrent donc avec sérieux même lorsqu’ils sont en désaccord sur le fond, d’autres versent plutôt dans une lecture aussi violente que simpliste : le président des États-Unis est fou.

Qu’est-ce que la pathologisation ?
La pathologisation désigne le fait d’expliquer des actions par la présomption ou le diagnostic d’une pathologie individuelle. Il s’agit…
Auteur: Éléonore Paré, Doctoral candidate and lecturer, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

