Casque blanc vissé sur la tête, en polo et jean, Ulrich Siegmund, enfourche un dimanche par mois sa moto bleu rétro pour sillonner les villages du nord-est de l’Allemagne. Ces virées sont devenues un véritable rituel de campagne pour le candidat de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui fait figure de favori pour les élections régionales de Saxe-Anhalt, le 6 septembre.
S’il ne passe jamais inaperçu, c’est parce qu’il conduit une Schwalbe (« hirondelle » en allemand), le mythique modèle de la marque Simson. Cette 50 cm3 qui faisait fureur en Allemagne de l’Est à la fin des années 1960, à l’époque où il fallait patienter des années pour obtenir une voiture et où la jeunesse est-allemande se tournait massivement vers les deux-roues. « La Simson est le symbole de la liberté individuelle. C’est ce que je veux pour notre pays », scande aujourd’hui le candidat de 35 ans en parcourant les routes et en promettant de faire émerger « une nouvelle identité est-allemande ».
Chaque dimanche, Ulrich Siegmund est rejoint à moto par des dizaines voire des centaines de ses partisans. Ces derniers sont parfois apparus coiffés de casques de la Seconde Guerre mondiale, brandissant des drapeaux allemands, ou encore effectuant des saluts nazis.
« Nous trouvons toute association avec l’AfD répugnante et nous y voyons une insulte à notre nom et à notre histoire. »
Dennis Baum, descendant de la famille ayant créé la marque Simson et interrogé par l’agence de presse allemande DPA
À plus de 6 000 kilomètres de là, à New York, Dennis Baum, 80 ans, descendant de la famille ayant créé la marque Simson s’étrangle en voyant ces images. Ses ancêtres juifs allemands ont dû fuir l’Allemagne nazie en 1936 et abandonner leur entreprise. Voir le nom de famille de ses aïeux associés à ces manifestations, lui est insupportable. « Des amis d’Allemagne…
Auteur: Elisa Brinai
