« C'est vivant ! » : en pleine sécheresse, ces paysans ont eu de l'eau grâce aux zones humides

Montigny-Montfort (Côte-d’Or), reportage

Le long de la départementale pour atteindre Montigny-Montfort (Côte-d’Or), le paysage défile en une suite de champs jaunis, grillés par le soleil et le manque de pluie. Mais sur les terres louées depuis cinq ans par Jérôme Coucheney, quelques tâches vertes subsistent.

Debout sur un talus, Jérôme pointe du doigt les méandres du ru de la Louère, le ruisseau qui traverse ses 15 hectares de prairies permanentes. « C’est là qu’il y a eu les travaux de restauration écologique », explique l’éleveur, devant ses 27 limousines couleur caramel rassemblées à l’ombre d’une rangée d’arbres. Cirses des marais, touradons de carex, joncs diffus ou scrofulaires aquatiques poussent encore çà et là. « Les vaches devaient être contentes cet été ! Parce qu’il a fait tellement chaud… Regardez, ici, elles ont le gîte et le couvert », lance Marie-Françoise Chargasse, agricultrice retraitée de 77 ans et propriétaire du terrain.

C’est l’Établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau (Epage) de l’Armançon qui est venu, en 2020, lui proposer de restaurer le ruisseau et réhabiliter la zone humide qui le borde, afin de faire face à la raréfaction de l’eau l’été.

« Restaurer les méandres du ru permet de ralentir l’eau, pour qu’elle s’infiltre davantage, explique Vincent Govin, 48 ans, coresponsable du projet Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) à l’Epage de l’Armançon. Plus l’eau s’infiltre lentement, plus elle recharge les nappes, et plus on maintient l’humidité dans les sols et la végétation en période sèche. Ça fait une herbe qui doit être un peu moins appétissante pour les vaches, mais qui reste plus longtemps fraîche et verte l’été. »

Le retour de l’eau

Les 15 hectares de prairies de Marie-Françoise Chargasse font partie de la vingtaine de parcelles agricoles du bassin…

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Auteur: Emma Nicolas, Mathieu Génon