L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), reportage
Quelle est la recette pour gagner une lutte écologiste ? Les activistes qui se battaient contre le projet de méga entrepôts Green Dock au nord de Paris ont peut-être trouvé une réponse. Ils ont rassemblé des associations de riverains, des élus locaux, des écologistes, des naturalistes, des syndicalistes, des artistes et des membres des Soulèvements de la Terre. Ils ont lancé des recours juridiques, des pétitions, répondu en masse aux enquêtes publiques, organisé un colloque à l’Assemblée nationale ainsi que des manifestations. Cinq ans plus tard, ils ont remporté une victoire : le projet a été abandonné. En février, le maire de Gennevilliers a refusé le permis de construire au promoteur.
Cette immense plateforme logistique de 92 000 m² (600 m de long sur 30 m de haut) — l’équivalent de deux Stades de France — que souhaitait construire le groupe Goodman France ne verra pas le jour. Une bonne nouvelle pour les espèces vivant dans la zone classée Natura 2000 jouxtant le projet.
Une victoire célébrée le 28 juin dans la ferme florale Lil’Ô, située sur L’Île-Saint-Denis, juste en face du port de Gennevilliers où Green Dock devait être construit.
Parmi la petite cinquantaine de personnes réunies, sourire aux lèvres, les membres de la compagnie de danse féminine L’Essoreuse. Le matin même, elles ont réalisé une performance artistique sur le site du projet d’entrepôt en taguant « Green Dock, c’est fini ».
« C’est incroyable d’avoir gagné, c’était David contre Goliath », raconte Francesca, l’une des membres de la compagnie. « Les luttes victorieuses sont celles où les mobilisations sont multiples, des actions virulentes des Soulèvements aux collectifs de citoyens, renchérit Séverine. En tant que danseuses, nous voulons allier le politique, le sensible et l’artistique. Car l’écologie touche nos corps. La…
Auteur: Laury-Anne Cholez, Mathieu Génon

