« Cette année, j’irai seule » ! La messe de Noël, une histoire de familles

Cette année, Isabelle passe Noël dans sa belle-famille. Là-bas, ils sont tous athées sauf la grand-mère, italienne, qui regardera la messe à la télé, trop âgée pour se déplacer. Alors Isabelle s’est décidée : «cette année, j’irai seule ». Le dimanche, d’ordinaire, cette jeune maman se laisse emporter par mille autres priorités, et son mari, non croyant, ne l’encourage pas vraiment à aller à l’église.

« Au quotidien, je n’ai pas grand-chose qui me raccroche à la religion », reconnaît-elle. Mais au fond pour elle, la foi c’est important. Alors à Noël, « pas d’excuse », se dit-elle. « Ces rendez-vous-là, tu ne les rates pas. » Dans sa propre famille, catholique, les six frères et sœurs, pratiquants ou non, vont à la messe en troupeau avec les parents, et chantent Les Anges dans nos campagnes à gorge déployée.

Tensions, négociations et concessions

La dernière fois qu’elle avait passé Noël dans sa belle-famille, Isabelle ne s’était pas déplacée. Et c’est vrai que « c’était un peu une perte de sens », remarque-t-elle. Elle avait trouvé que, malgré tout, « il manquait quelque chose ».« Noël, c’est quand même la naissance de Jésus », tient-elle à rappeler. Cette année donc, elle bravera le froid breton pour se rendre à la messe de 18 heures, qu’elle a repérée de manière à arriver juste à temps pour le dîner, et ne pas déranger.

Dans une société où le religieux devient une affaire individuelle, la messe de Noël reste l’un des rares moments où se manifeste aux yeux de tous, dans les familles, le rapport à la foi de chacun. Si dans certaines familles, tous convergent comme un seul homme vers la messe de minuit, d’autres y vont en ordre dispersé, en y mettant des sens multiples. Quitte à provoquer de légères tensions, négociations et concessions, pour ne surtout pas perturber la joyeuse unité de la fête familiale.

« Ce serait vraiment étrange de…

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Auteur: Marguerite de Lasa et Héloïse de Neuville