Dans la nuit du 19 au 20 novembre 2025, la colère des trans s’est placardée sur les murs de Genève. À l’occasion de la journée internationale du souvenir trans (trans day of remembrance – TDOR), nous sommes une bande de révoltéexs à avoir répondu à l’appel d’une riposte trans, pour que le souvenir se transforme en vengeance.
Partout dans le monde, les moments de commémoration pour nos mortexs sont nécessaires, mais ils ne sont pas suffisants. L’état et sa police nous livrent des autorisations de manifester pour commémorer les trans mortexs et expulséexs, alors que ce même état et sa police tuent, renvoient et enferment. Alors non, cette année, les trans ne se contenteront pas des maigres espaces dans lesquels ils veulent nous ranger. Nous ne servirons pas de vitrine à la politique d’inclusivité et de diversité de la ville de Genève alors que sa police continue de réprimer violemment les manifs pour la Palestine, qu’ils construisent des centres de renvois, qu’ils enferment les personnes précarisées et qu’ils protègent les intérêts des riches.

La période que l’on vit est à gerber. Les attaques antitrans se succèdent et augmentent partout en Suisse, par exemple à Zurich, où la directrice de la santé du canton (Natalie Rickli, UDC) réclame une interdiction des opérations d’affirmation de genre pour les mineurexs trans au niveau national ; mais également avec les attaques contre l’éducation sexuelle et le lobbying constant de collectifs antitrans d’extrême droite au conseil d’état.

Les idées réactionnaires, les politiques de droite et d’extrême droite gagnent de plus en plus de terrain en Suisse et en Occident, avec des politiques particulièrement discriminatoires envers les personnes migrantes, musulmanes, racisées et trans. Des années de luttes à négocier des droits peuvent à tout moment être réduites en poussière lors d’un basculement…
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