Cette encombrante démocratie



« Qui en veut à l’État de droit ? », Pouvoirs, n° 193, Seuil, 192 pages, 19,80 euros

« L’État de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré », déclarait Bruno Retailleau au Journal du dimanche, dans un entretien paru le 30 septembre 2024. Un propos faisant écho aussi bien aux saillies du secrétaire général du syndicat Alliance Police nationale, Fabien Vanhemelryck – accusant « la justice » de constituer le problème de la police lors d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale le 19 mai 2021 – qu’aux égarements de l’extrême droite après la fermeture de C8 : l’éditorialiste Mathieu Bock-Côté ciblait alors l’État de droit, au nom duquel s’exerceraient la surveillance, la punition et le fichage idéologique des citoyens, dans « Le Grand Rendez-Vous », l’émission de Sonia Mabrouk, le 18 février 2024.


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Autant d’attaques pour quelle cible ? Dans son numéro intitulé « Qui en veut à l’État de droit ? », la revue Pouvoirs donne la parole à des juristes pour mieux cerner cet État de droit aussi imprécis que décrié, ainsi que ses ennemis. Dans son acception contemporaine, qui connaît un âge d’or des années 1970 jusqu’au début du XXIe siècle, ce terme désigne un concept politico-juridique aux multiples définitions, mais reposant sur l’encadrement de la puissance publique par le droit et l’égalité devant la loi.

Absence de consensus

Présent dans nombre de constitutions à travers le monde, mais absent de la Constitution française, il figure également à…

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Auteur: François Rulier

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