Après une mobilisation lycéenne inédite, le collectif RED-Jeunes a réuni, dimanche 4 octobre, à Saint-Denis, des lycéen·nes venu·es de toute l’Île-de-France en assemblée générale. De cette rencontre est née la Fédération lycéenne des quartiers. Pour Soumaya, 18 ans, porte-parole de ce mouvement antiraciste et lycéen, et membre de RED-Jeunes, la création de ce syndicat pallie un manque de représentation des jeunes issus de quartiers populaires.
Une affirmation d’autonomie politique radicale face à l’incapacité des grands corps intermédiaires à s’ouvrir sociologiquement.
S. Tizaoui
« Ils n’ont pas d’espace politique pour se représenter, prendre la parole et faire des choix sur les décisions qui les impactent directement », explique-t-elle. Outre sa fonction de « recueil des inquiétudes et des revendications de tous les élèves mobilisés », le syndicat entend donner une structure durable aux mobilisations actuelles. Soumaya qualifie ce mouvement « d’autodétermination et même d’auto-organisation ». « On pense que ça va permettre de l’inscrire dans le long terme et de le pérenniser, dans la mesure où il y aura toujours des inégalités et qu’on sait que le chemin sera long », souligne-t-elle.
Sur le même sujet : Mobilisation des lycées : les quartiers populaires à l’avant-garde
Ce qui caractérise ce mouvement lancé par une grande partie de la jeunesse des quartiers populaires, c’est aussi son autonomie. Pour Sofia Tizaoui, ancienne présidente de l’Union syndicale lycéenne (USL), cette autonomie est née d’une prise de conscience et de l’aspiration « à créer leurs propres espaces d’organisation ». Une « reprise de pouvoir », selon elle. Elle voit dans cette démarche…
Auteur: Kamélia Ouaïssa
