Manteyer (Hautes-Alpes), reportage
En cette journée froide et sèche du mois de novembre, une activité inhabituelle réveille la station endormie de Céüze. Un hélicoptère fait des allers-retours entre le sommet de la montagne et la route en contrebas pour transporter poulies et pylônes, vestiges de la station de ski.
« À chaque voyage, on transporte 900 kilos de ferraille », explique Brice Ortolland, pilote d’hélicoptère, en attendant de remettre du carburant. C’est la première fois qu’il participe au démontage d’une station. « Je pense qu’il y en aura d’autres », dit-il en mentionnant le réchauffement climatique.
Habitants et maires de plusieurs communes voisines regardent avec émotion les premiers pylônes valser dans les airs. « J’ai appris à faire du ski sur ces pentes », raconte Jean-Marie Gueyraud, maire de la commune voisine de Saint-Auban-d’Oze. Fondée dans les années 1930, la Céüze a été la première station civile de ski à ouvrir dans le département. Elle est aussi la première de cette envergure à être démantelée.
« La station nous coûtait plus cher qu’elle ne nous rapportait »
Depuis 2015, la communauté de communes Buëch Dévoluy a la responsabilité de la station. « En 2015-2016, on n’a pas ouvert faute de neige, et en 2017-2018, on n’a ouvert que deux mois et demi, raconte Michel Ricou-Charles, président de la communauté de communes. La station nous coûtait plus cher qu’elle ne nous rapportait. »
En 2016, pour éviter la fermeture, la communauté de communes a envisagé d’acheter des canons à neige. « On était encore dans le déni », raconte Michel Ricou-Charles. Une demande de subvention à la Région de 4 millions d’euros avait alors été faite pour cette installation.
« Pour une fois, je remercie la Région de ne pas nous avoir donné la subvention souhaitée », dit-il avec un air rieur. Ce « coup de pied aux fesses » a provoqué…
Auteur: Eliza Amouret

