Le Coût de la virilité, Lucile Peytavin, Le Livre de poche, 2023 (1re éd. Anne Carrière, 2021), 192 pages, 7,70 euros.
Ils sont trente-cinq à s’être succédé au ministère des Comptes publics sous la Ve République. Trente-cinq nominations et seulement trois femmes. Le déficit est-il une affaire d’hommes ? En tout cas, ils en sont comptables, et dans tous les sens du terme. C’est le bilan dressé par Lucile Peytavin dans Le Coût de la virilité (Le Livre de poche) – un ouvrage déjà chroniqué dans Politis par Christelle Taraud en 2023 –, dont le propos apporte des éléments de réponse au discours sécuritaire du gouvernement.
L’historienne se penche sur les dépenses publiques de la France à travers un prisme original : celui du genre. Les réalités statistiques mises en avant dans cet essai – issues de données publiques, d’études sociologiques et économiques – sont édifiantes et conduisent à un constat : l’immense majorité des dépenses de l’État en matière de prévention, de judiciarisation et de réparation sont les conséquences de violences masculines.
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En France, les hommes sont à l’origine de 83 % des infractions pénales et représentent 90 % des personnes condamnées par la justice. Ils sont auteurs de 99 % des viols, de 89 % des actes de dégradation, de 91 % des cambriolages ou encore de 84 % des coups et violences volontaires. Même constat du côté des violences intrafamiliales, des conduites addictives à risques, des vols, des délits routiers, des attentats, des incendies, etc. Le critère du genre est donc bien plus pertinent que…
Auteur: Salomé Dionisi

