Jeudi 30 juillet dernier, après des rumeurs d’ouverture de la frontière, des dizaines de milliers de personnes ont convergé depuis le Maroc vers l’enclave de Ceuta. Certaines sont entrées à pied sur le territoire espagnol (situé sur le continent africain), d’autres à la nage, avant d’y être pourchassées et expulsées dans les jours suivants. 70 000 des 720 00 personnes ayant traversé la frontière sont retournées au Maroc, selon le ministère de l’Intérieur espagnol.
Un épisode qui n’aura duré que quelques jours, mais qui n’a pas manqué de relancer la panique raciste qui résonne sans arrêt ces derniers temps en Europe. Figures de droite et d’extrême droite, chacun·e y est allé·e de son commentaire alarmant, de son analyse xénophobe sur ce qui nous est présenté comme une grande invasion. « Il est temps de rétablir nos frontières et d’engager la remigration sinon nos peuples seront balayés par ce tsunami », déclarait sur X Éric Zemmour, président du parti Reconquête ! et multicondamné pour incitation à la haine raciale, alors que Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres d’Italie et néofasciste notoire, appelait à la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne.
À gauche, pendant que le secrétaire national du Parti socialiste Olivier Faure affirmait son soutien aux autorités espagnoles pour « lutter contre ce qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation de leur territoire », le président de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon expliquait, sur X, à celui du Rassemblement national, Jordan Bardella, que « l’afflux a lieu à mille kilomètres de notre frontière. Ceuta est en Afrique. Les gens sur l’enclave de Ceuta ne peuvent passer le détroit de Gibraltar à la nage et il n’y a aucune autre possibilité pour eux ». Ouf ! Pas de panique, notre frontière est saine et sauve.
Auteur: Paul-Elyes Hecham
