L’écologie serait « punitive » répètent à l’envi une partie des responsables politiques. En quelques mois, l’Assemblée nationale a voté la réintroduction d’un insecticide toxique et la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitaient la circulation des voitures à moteur thermique les plus anciennes dans les grandes villes. Le tout au nom des ménages les plus pauvres. Les catégories populaires ne seraient-elles pas concernées par la pollution et le dérèglement climatique ? Rappelons quelques faits.
Les plus défavorisés sont globalement les plus exposés aux pollutions, mais pas forcément là où on s’y attend. 65 % des ouvriers respirent quotidiennement des fumées et des poussières au travail par exemple, contre 9 % des cadres (données 2019, ministère du travail). Les inégalités d’environnement sont flagrantes au travail et ont des effets néfastes sur la santé des travailleurs, entraînant des maladies parfois mortelles, et des handicaps en fin de carrière.
De nombreuses inégalités environnementales
Autre lieu d’inégalité environnementale : le logement. Les nuisances sonores, l’humidité génératrice de moisissures, les températures excessives en été comme en hiver touchent avant tout les plus modestes. Les 25 % de personnes appartenant au cinquième le plus pauvre de la population se plaignent du bruit dans leur logement selon l’Insee. Un taux deux fois plus élevé que parmi le cinquième le plus aisé.
Concernant le cadre de vie extérieur, la relation entre pollution subie et bas revenus s’avère moins évidente. Une étude publiée en 2022 par France Stratégie, a comparé la carte des communes les plus polluées de France avec celle du niveau de vie médian des habitants : elles ne se superposent pas systématiquement. La pollution de l’air par exemple, est principalement liée à la densité de la population, au fait de vivre en ville, ce qui…
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