Chaque année, les chaleurs liées au changement climatique tuent 546 000 humains, d’après les données du Lancet Countdown dévoilées en novembre. Les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants, et tous ceux et celles n’étant pas en capacité de se rafraîchir facilement sont en première ligne face à cette menace que l’on peine parfois à comprendre. Car ce qui rend la chaleur particulièrement dangereuse est un facteur bien souvent négligé : l’humidité.
Si la température de l’air est la partie émergée de l’iceberg, l’humidité en est la partie immergée. Et elle « peut rendre des journées en apparence clémentes bien plus dangereuses qu’elles n’en ont l’air », écrit dans une analyse publiée le 24 juin Climate Central, une association réunissant principalement des scientifiques.
On y apprend que, depuis les années 1970, le nombre de journées de chaleur humide dangereuse a plus que doublé à l’échelle planétaire. Il est passé de 10 jours il y a une cinquantaine d’années à désormais 23 par an en moyenne.
« La chaleur humide est désormais une caractéristique déterminante, mettant en danger la vie de millions de personnes »
Et la crise climatique n’est pas étrangère à cette augmentation : « À mesure que notre planète se réchauffe, principalement en raison de la combustion des énergies fossiles, la chaleur humide devient plus fréquente et plus intense », précise Kaitlyn Trudeau, climatologue étasunienne à l’origine de ces travaux.
De toutes les journées de chaleur humide dangereuse comptabilisées sur Terre depuis 1970, 64 % sont attribuables au changement climatique d’origine anthropique, avance l’analyse. Une proportion qui ne cesse de croître de décennie en décennie. Ainsi, en 2025, près de 83 % de ces journées — soit 19 sur 23 — étaient dus à la crise climatique.
« Ces résultats sont sans équivoque : le changement climatique, qui…
Auteur: Emmanuel Clévenot

