C’est un angle mort de la réglementation sur les PFAS. L’épandage de boues d’épuration contaminées par ces polluants éternels sur des terres agricoles commencera à être encadré en France à partir de cet été, a annoncé le 9 avril le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, à l’occasion d’un déplacement dans les Ardennes. Un département où des boues industrielles polluées par ces substances toxiques et persistantes dans l’environnement ont été dispersées sur les champs pendant trente ans, rendant l’eau impropre à la consommation dans douze communes.
En février, une enquête de Disclose et France 3, publiée en partenariat avec Reporterre, a révélé que près d’un quart des plus grands émetteurs de PFAS ont valorisé leurs boues en agriculture. Dans les Ardennes, des prélèvements indépendants de terres arables ayant reçu des boues contaminées ont mis au jour des taux vertigineux de polluants éternels. Le 7 avril, plusieurs communes du département ont déposé plainte contre X pour mise en danger d’autrui en raison d’une contamination aux polluants éternels.
Dans le sillage de ce scandale environnemental et sanitaire, le gouvernement prévoit de lancer, cet été, une campagne nationale d’analyses de PFAS dans ces résidus solides issus du traitement des eaux usées couramment utilisés comme fertilisants en agriculture. Elle concernera les exploitants des stations d’épuration urbaine de plus de 10 000 équivalent-habitants (EH), représentant « 6 % du parc, mais 86 % des quantités de boues épandues », selon le cabinet de Mathieu Lefèvre. Les industriels ayant recours à l’épandage sont également visés.
En parallèle, un seuil de gestion — c’est-à-dire une concentration maximale de PFAS à respecter dans la boue —…
Auteur: Nicolas Cossic

