Les catastrophes causées par les conditions météorologiques et résultant du changement climatique affectent de plus en plus les sociétés. Un domaine reste encore peu exploré: la façon dont les événements météorologiques extrêmes créent les conditions d’une augmentation de l’esclavage moderne.
Daniel Ogunniyi, juriste qui a mené des recherches dans ce domaine, parle de l’intersection entre le changement climatique et l’esclavage moderne en Afrique.
Qu’est-ce que l’esclavage moderne et quelle est sa gravité en Afrique ?
Contrairement à sa variante historique, l’esclavage moderne n’est pas un terme juridique ayant une définition précise. Il est largement utilisé pour désigner des pratiques telles que le travail forcé, la traite des êtres humains, la servitude et l’esclavage de fait. Il repose souvent sur la contrainte, le contrôle et l’exploitation. Le mariage forcé, la mendicité forcée et l’esclavage par ascendance (ou esclavage de caste). L’esclavage par ascendance désigne les situations dans lesquelles des personnes naissent avec un statut d’esclave. Il est souvent transmis par la lignée maternelle et résulte de la capture d’ancêtres par des familles propriétaires d’esclaves. L’esclavage par ascendance est toujours pratiqué au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Soudan.
Ainsi, l’esclavage moderne ne se limite pas à la traite des êtres humains à la contrainte physique.
L’Organisation internationale du travail estime que 50 millions de personnes sont aujourd’hui victimes de formes d’esclavage moderne. L’Afrique compte environ 7 millions de victimes selon les estimations mondiales. Elle est répandue dans toute l’Afrique et se manifeste plus fortement dans certains pays que dans d’autres. Il s’agit notamment de l’Érythrée, de la Mauritanie et du Soudan du Sud. Maurice, le Lesotho et le Botswana ont la plus faible prévalence d’esclavage moderne en Afrique.
Des recherches suggèrent que parmi ces…
Auteur: Daniel Ogunniyi, Lecturer in Law, University of Hull

