Changeons le système pas le climat ? Chiche !

« Changeons le système, pas le climat » ? Chiche ! Contrairement aux poncifs de la morale du pouvoir, c’est cela le bon sens. Par contre, cela a quelques implications pratiques : ce n’est certainement pas à coups de manifs paisibles, pétitions, ou en interpellant les député-es que cela a quelques chances d’arriver. Il faut en finir avec les illusions citoyennes et assumer les rapports de force nécessaires.

Redevenir un peu sauvage, c’est refuser la perte de ce qui fait communauté humaine en occupant des terres à la manière des Diggers, c’est couper le fil qui chante à la manière des tribus amérindiennes tentant d’empêcher la destruction de leur monde au moment de la conquête de l’Ouest, c’est piller et exproprier les richesses à la manière des forbans, c’est saboter les machines à la manière des Luddites, c’est incendier les usines responsables de l’informatisation de la société à la manière du CLODO, c’est aller chercher les gens de pouvoir chez eux à la manière de ce qu’ont voulu faire les Gilets jaunes, c’est prendre les armes contre le pouvoir à la manière des communards et des communardes, c’est commencer directement la révolution en même temps que l’assaut est lancé contre le fascisme à la manière des collectivités aragonaises et des anarchistes en Espagne. L’anarchie n’est-elle pas la voie par laquelle renouer avec notre part sauvage ?

Et si la logique de quantification et l’obsession de la mesure est à la base du Léviathan moderne, qu’est-ce qu’il y a de plus libérateur que d’essayer de s’en défaire ? Un groupe sanguin, en 2016, mettait en avant ce que la catastrophe de Fukushima avait de nouveau mis en lumière : une forme de dépossession particulière, résultant du capitalisme et de l’Etat, qui est une mise en mesure de toute chose et de tout être. Il ne nous resterait plus qu’à devenir les petits comptables de notre existence – et même de notre…

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