Elle évoque, inlassablement, une image : celle d’une fillette de dix ans, en équilibre précaire entre l’enfance et l’adolescence. Son avenir est en suspens, ses droits encore négociables.
« Pourra-t-elle rester à l’école, obtenir un diplôme et se frayer un chemin à travers le monde ? » s’interroge Mme Kanem. « Ou sera-t-elle freinée par des choses comme le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines ou la misère extrême ? ».
Cette question – aussi urgente que fondamentale – a guidé chacun de ses pas en tant que directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Elle a fait de cette enfant imaginaire, emblématique du sort de millions de filles à travers le monde, l’étalon à l’aune duquel se jugent les succès ou les échecs.
Ligne de front
De ses premières missions sur le terrain, en Afrique de l’Est, à sa nomination à la tête d’une agence de l’ONU dotée d’un budget de 1,7 milliard de dollars, Mme Kanem a tenu le cap au milieu des tempêtes politiques, des controverses idéologiques et des menaces budgétaires. Surtout, elle a transformé une agence méconnue en moteur mondial des droits sexuels et reproductifs, avec des antennes dans plus de 150 pays.
À 70 ans, cette médecin de formation a annoncé son intention de quitter son poste d’ici fin juillet, plusieurs mois avant la date prévue. « Il est temps pour moi de passer le relais », explique-t-elle à ses 5.000 employés, dans un message vidéo diffusé plus tôt cette année. « Je me suis engagée à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que l’UNFPA continue de faire de grandes choses ».
En Guinée-Bissau, en 2024, l’UNFPA soutient des programmes pour mettre fin aux mutilations génitales féminines et à la violence sexiste, et faire progresser la santé maternelle et reproductive.
Un ancrage et un envol
Née au Panama, Mme Kanem rejoint…
Auteur: Nations Unies FR

