…contre un monde dans lequel les individus sont sommés de s’adapter à des choix qu’ils n’ont pas fait comme de se plier à des décisions qu’ils n’ont pas prises eux-mêmes… …contre un monde qui considère la liberté sous l’angle exclusif du plébiscite par le plus grand nombre d’affirmations ayant la liberté en horreur… …et justifie la coercition sous l’angle du réalisme… …contre un monde qui a effacé toute confiance envers l’individu et par là condamné tout devenir, du plus singulier, du plus détaché de l’ordre social, du plus imprévisible, au plus collectivement vivable…
…contre un monde qui juge par devers lui toute morale de la justice comme risible et qui a intégré, du don de la naissance à la surprise de la mort, l’autorité de la sienne… …contre un monde qui prétend qu’il existe une crise de l’autorité alors que la sienne, de mémoire d’homme, n’a jamais été aussi puissante et installée… …contre un monde de mafias, de trafics, de crimes, d’appropriations, d’intimidations, de captures, d’arrangements vulgaires, d’entre-soi et d’ensorcèlements qui jette la vie comme il jette ses polluants éternels dans les fleuves… …chaque jour s’alourdit la barque des hostilités… …et pourtant, je m’en étonne moi-même, elle ne chavire pas, elle tient… …les barques se faufilent entre les roseaux, sillonnent les marais et les deltas, descendent les cours d’eau, longent les rives côtières, accostent et poursuivent le tuilage de la mémoire humaine… …clandestines, peut-être, question de point de vue, ou de terrain, mais chaque fois depuis cette toute petite chose, au fond, qu’est un corps… …oui, chaque corps ajoute un fil à la mémoire humaine capable d’en élargir l’espace en la fréquentant, en la fantasmant, en la fouillant, en y puisant ressources pour ses qualités propres de perception sensible et de désir… …aucune…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

