Le budget du conseil départemental de la Charente a de nouveau été rejeté mardi 22 avril sur fond de blocage politique persistant, poussant la préfecture à décider d’une mise sous tutelle rarissime pour une collectivité de cette envergure.
Comme lors d’un premier scrutin fin mars, le budget d’un montant de 615 millions d’euros a été retoqué après l’abstention de plusieurs élus de la majorité de gauche, qui ont fait sécession après des mois de désaccords politiques au sein de l’assemblée de ce territoire de 350 000 habitants.
Disant « prendre acte de ce rejet », le préfet a annoncé mardi soir prendre la main sur les finances du département, qui emploie environ 2 000 personnes, en saisissant la chambre régionale des comptes (CRC), instance de contrôle financier. La CRC a un mois pour élaborer un nouveau projet de budget.
« Il appartiendra ensuite au préfet, par arrêté, de régler le budget primitif et de le rendre exécutoire dans un délai de vingt jours », a écrit la préfecture dans un communiqué.
Pas de « shut down »
C’est « une situation très exceptionnelle pour un département », même s’il « n’y aura pas de “shut down” » à l’américaine, avait souligné début avril le président de la CRC, Vincent Léna, dans une interview au quotidien La Charente Libre.
L’exécutif présidé par Philippe Bouty (DVG) avait pourtant obtenu la semaine dernière un sursis du préfet en étant autorisé à reconvoquer une séance plénière, alors que le quorum n’avait pas été atteint lors de la séance du 15 avril. Mais le texte budgétaire a été à nouveau rejeté mardi.
« Je ne me sens pas acculé à la démission pour une simple et bonne raison : ce budget était sincère », a réagi Philippe Bouty au micro de la radio Ici. « Je vais travailler très rapidement avec le préfet pour que les impacts soient les plus mesurés (…) C’est la Chambre régionale…
Auteur: La Croix (avec AFP)

