Gage Skidmore/Wikimedia, CC BY-NC
Charlie Kirk n’était pas le seul militant médiatique sur le créneau de l’ultraconservatisme états-unien, loin de là. Retour sur son ascension, sur ses pratiques rhétoriques et sur sa place au sein d’un système extrêmement vivace et concurrentiel qui, avec Kirk, perd l’une de ses voix, mais gagne un martyr dont le nom sera encore longtemps invoqué dans le cadre de la violente guerre culturelle en cours.
L’assassinat de l’influenceur et activiste conservateur Charlie Kirk, le 12 septembre dernier, à l’Utah Valley University alors qu’il lançait sa nouvelle tournée des campus états-uniens, l’American Comeback Tour, a provoqué un séisme majeur dans la vie politique états-unienne.
Personnalité incontournable de la sphère médiatique conservatrice, efficace entrepreneur d’influence de la cause MAGA et véritable égérie de la jeunesse conservatrice, Kirk s’était imposé comme une figure centrale de la droite ultra. Au cours d’une carrière qui aura duré treize années, il a galvanisé et rallié au trumpisme des centaines de milliers de jeunes – surtout des étudiants – à travers des rassemblements de masse, des prises de parole sur les campus et, bien sûr, grâce à sa présence médiatique à la radio et sur les réseaux sociaux numériques.
Une telle capacité à rassembler un si large auditoire et à s’imposer dans l’espace public vient de sa place unique au sein du mouvement conservateur : Kirk a capitalisé tout à la fois sur la réaction anti-Obama du tournant des années 2010, sur des pratiques spécifiques à l’écosystème médiatique conservateur qui lui ont…
Auteur: Sébastien Mort, Maître de conférences en histoire, culture et société des États-Unis, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières
