Le taxi s’engagea sur un chemin juste à côté de la route principale qui partait du musée d’Auschwitz vers le sud et passa devant une rangée de bungalows avec des jardins un peu en pagaille en ce mois de novembre. Il s’arrêta devant une paire de grilles rouillées, à moitié ouvertes, dont le cadenas pendait. À l’intérieur, on pouvait apercevoir des serres délabrées et envahies par la végétation.
En sortant du taxi, j’ai poussé les grilles et je suis entrée. Je me suis approchée des serres, en essayant d’imaginer les travailleurs du camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, situé à proximité, qui ont construit et travaillé de force à cet endroit à partir de 1943.
Il s’agissait des vestiges du sous-camp de Rajsko, l’un des 40 camps de concentration satellites d’Auschwitz.
Ce fut autrefois une station botanique expérimentale nazie destinée à soutenir l’usine IG Farben en cultivant et en extrayant le latex d’une espèce de pissenlit russe (Taraxacum kok-saghyz afin de répondre aux besoins de plus en plus importants des nazis en matière de caoutchouc de guerre. Le camp était l’enfant rêvé de Heinrich Himmler, l’un des principaux architectes des programmes génocidaires d’Hitler.
Malgré les intentions de Himmler, Rajsko ne produisit pas de caoutchouc et fut liquidé par les nazis en 1945. La station botanique s’est dégradée avant d’être transformée en jardinerie commerciale privée. Elle a été largement oubliée et il était très difficile d’en retrouver l’emplacement – même le personnel du service clientèle auquel j’ai parlé au musée d’Auschwitz n’en avait aucune connaissance.
Une grande partie du village de Rajsko a été déboisée pour permettre aux SS d’établir cette station de recherche botanique ainsi qu’un SS Hygiene Institut. Il s’agissait d’une clinique où l’on examinait le sang et d’autres fluides corporels pour y…
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Auteur: Kate Ferry-Swainson, PhD Researcher, Department of Languages, Literatures and Cultures and Holocaust Research Institute, Royal Holloway University of London

