Charmatz l'héritier

Si, comme nous, vous n’y connaissez rien à la danse contemporaine au point de vous être persuadé que ce n’était de toutes façons pas fait pour vous, lisez cet éclairant article de Christophe Apprill qui vous explique pourquoi.

Consacrée au chorégraphe Boris Charmatz, « grande figure internationale de la danse contemporaine », l’exposition Danses gâchées dans l’herbe est présentée au Fond régional d’art contemporain (Frac) de Marseille de décembre 2023 à mars 2024. Elle consiste en la présentation de six films. On se rappelle les premières utilisations de la vidéo en danse, inaugurées en 1982 au centre Beaubourg avec le festival de Vidéo danse. À l’époque, il s’agissait d’une petite révolution : en quelques heures, il était possible de découvrir la diversité du travail et des esthétiques des chorégraphes de danse contemporaine. Dans la mesure où c’était une discipline peu diffusée, la vidéo offrait une véritable opportunité. Le catalogue en était succinct, ne témoignant d’aucune prétention à ériger les vidéos en œuvre d’art.

Avec cette exposition, nous assistons à la démonstration inverse. Il s’agit de bien faire comprendre que nous sommes face à des œuvres qui « sont présentées sous la forme de tableaux vivants, au moyen d’écrans-cimaises au sol permettant une adresse frontale et encourageant à prendre le temps et la mesure de la contemplation ». L’œuvre est telle qu’elle ne saurait induire qu’une contemplation, qui serait en outre mesurable (au télémètre laser) ? Et comme il est ajouté dans la présentation, « l’exposition propose aux publics un parcours ’muséal’ inédit dans l’œuvre artistique foisonnante de cet artiste-penseur au travers de six films réalisés entre 1999 et 2023 ». Nous sommes incités à envisager ces vidéos comme des œuvres dignes d’entrer au musée dans lequel nous venons d’entrer. Ce classement a priori ne manque…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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