Sandra Regol est députée du Bas-Rhin et Yannick Jadot, sénateur de Paris. Cette tribune est cosignée par plus de cinquante parlementaires.
La chasse aux trophées d’espèces protégées consiste à débourser des dizaines de milliers d’euros pour s’offrir le plaisir d’abattre des animaux devenus rares et iconiques, un éléphant, un léopard ou un rhinocéros, avant d’en importer la tête, la peau ou les défenses sur notre territoire. Et plus un animal est rare, plus sa valeur sera élevée. Donc, aberration écologique, plus l’espèce est en danger plus le trophée sera prisé.
Cette activité alimente un commerce international lucratif et sans bénéfices démontrés pour la faune sauvage ni pour les communautés locales. Cette pratique, qui ne concerne qu’une poignée d’individus privilégiés, est pourtant défendue bec et ongles par certains responsables cynégétiques, comme Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. Il dénonce une « leçon d’écologie néocolonialiste » de la part de ceux qui s’en offusquent.
Toutefois, cette position ne reflète pas la diversité du monde cynégétique. Beaucoup de « chasseurs du dimanche », attachés à une pratique locale et populaire, ne se reconnaissent pas dans ces safaris de luxe à l’autre bout du monde — savane africaine, steppes d’Asie centrale ou Grand Nord canadien. Ils se retrouvent pourtant associés, malgré eux, à une pratique qui les met en porte-à-faux avec l’opinion publique.
Un soutien grandissant et transpartisan
Il est temps de le dire clairement : l’importation de trophées d’espèces menacées est le symbole d’un privilège défendu par un cercle restreint d’influence.
Depuis plus de trois ans, les initiatives parlementaires se multiplient pour interdire l’importation de trophées de chasse d’espèces menacées. Proposition de loi adoptée à la quasi-unanimité en commission à l’Assemblée…
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