Deux ans de prison avec sursis et 750 000 euros d’amende. Telle est la peine — le maximum prévu par la loi — infligée à Olivier Bouygues par le tribunal correctionnel d’Orléans, le 23 octobre, pour « destruction d’espèces protégées en bande organisée ». Le milliardaire s’est également vu retirer son permis de chasse pendant trois ans. Il a fait appel.
Les 5 autres prévenus, parmi lesquels 3 gardes-chasse, ont été condamnés à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Les six prévenus devront également verser solidairement 360 000 euros au titre du préjudice écologique à neuf associations.
L’affaire avait débuté en mars 2025 après un signalement anonyme à l’Office français de la biodiversité (OFB). Lors d’une perquisition menée quelques semaines plus tard dans le domaine de 650 hectares de l’homme d’affaires, à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), les enquêteurs avaient découvert un charnier d’espèces protégées depuis plus de quarante ans : faucons crécerelles, grands cormorans, buses variables et grandes aigrettes. Des pièges à mâchoires, interdits depuis 1995, et des pesticides aussi toxiques que du poison avaient aussi été saisis. Les enquêteurs ont aussi découvert des carnets tenus par des gardes-chasse, documentant des destructions de nuisibles mais aussi d’espèces protégées qui donnaient lieu à des primes en cash.
« Ce jugement est un sérieux avertissement pour les autres grands propriétaires de domaines de chasse qui s’estiment au-dessus des lois », a réagi Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, interrogé par Le Monde.
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