Les grands modèles de langage ont récemment attiré beaucoup d’attention, notamment grâce à l’agent conversationnel ChatGPT. Cette plate-forme est devenue virale en seulement quelques mois et a déclenché une course effrénée pour développer de nouveaux modèles de langage toujours plus efficaces et puissants, rivalisant avec l’humain pour certaines tâches.
Cette croissance phénoménale est d’ailleurs jugée dangereuse par de nombreux acteurs du domaine, qui plaident pour une pause afin d’avoir le temps de débattre sur l’éthique en IA et de mettre à jour les réglementations.
Une des grandes questions qui se pose est l’articulation entre intelligence artificielle et vie privée des utilisateurs. En particulier, les prouesses des grands modèles de langage sont dues à un entraînement intensif sur d’énormes ensembles de données, qui contiennent potentiellement des informations à caractère personnel, car il n’y a pas d’obligation d’anonymiser les données d’entraînement.
Il est alors difficile de garantir en pratique que le modèle ne compromet pas la confidentialité des données lors de son utilisation. Par exemple, un modèle pourrait générer des phrases contenant des informations personnelles qu’il a vues pendant sa phase d’entraînement.
Apprendre à imiter le langage humain
Les modèles de traitement du langage sont une famille de modèles basés sur l’apprentissage automatique (machine learning en anglais), entraînés pour des tâches telles que la classification de texte, le résumé de texte et même des chatbots.
Ces modèles apprennent d’une part à encoder les mots d’une phrase sous la forme de vecteurs, en tenant compte de l’ensemble du contexte. Dans les phrases « J’ai mangé une orange » et « Son manteau orange est beau », le mot « orange » se verra attribuer deux encodages différents, puisque la position et le sens ne sont pas les mêmes.
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Auteur: Antoine Boutet, Maitre de conférence, Privacy, IA, au laboratoire CITI, Inria, INSA Lyon – Université de Lyon

