Châtiments corporels à l’école : depuis quand sont-ils interdits ?

Associer la violence à un projet éducatif nous semble aujourd’hui impensable. Pourtant, les châtiments corporels ont longtemps eu cours dans les salles de classe. Et malgré leur interdiction au début du XIXe siècle, ils ont perduré jusqu’au milieu du XXe siècle. Éclairages historiques.


Qu’on puisse avoir recours à des gestes violents dans un cadre éducatif choque aujourd’hui profondément l’opinion publique, à raison. Pourtant, l’interdiction de frapper des enfants est le fruit d’une longue histoire. Si les châtiments corporels ont été abolis en 1803 dans les écoles, ils ont perduré jusque dans les années 1970-1980. Et c’est la loi de 2019 seulement qui a banni la fessée et autres violences éducatives ordinaires dans les familles.

Comment expliquer de telles résistances ? Comment les arguments qui ont travaillé à dissocier sanction et violence ont-ils fait leur chemin ?

Avec l’humanisme de la Renaissance, les premières critiques des châtiments corporels

Longue et vieille est l’histoire des châtiments corporels. N’oublions pas qu’ils faisaient partie des moyens légitimes pour maintenir les enfants dans la plus stricte obéissance dans une société romaine où le pater familias détenait un pouvoir absolu sur l’ensemble des membres de la maisonnée.

Certes, aucun texte important de la tradition pédagogique, même sous l’Ancien Régime, ne fait l’apologie de la violence et l’éloge des coups. Mais, lorsque l’on se penche sur la culture disciplinaire de notre école, on y découvre un étrange répertoire : le fouet, la trique, le martinet, la férule, la cabourne, les verges, le bonnet d’âne, le banc d’ignominie, le genouiller, le cachot, le pensum, l’habit de bure, les arrêts… La liste des instruments et des techniques punitives utilisés dans le cadre scolaire au fil de l’histoire est impressionnante.


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Auteur: Eirick Prairat, Professeur de Philosophie de l’éducation, membre de l’Institut universitaire de France (IUF), Université de Lorraine

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