En ce printemps 2026, jamais le dérèglement climatique n’aura atteint une telle ampleur avec aux Etats Unis des pics de chaleur de plus de 40 °C qui pulvérisent le record absolu de chaleur jamais enregistré pour un mois de mars. Désormais le réchauffement est clairement hors contrôle. Jamais, non plus, l’embrasement guerrier du monde n’aura été aussi menaçant sous les coups de butoir des puissances impériales fascisantes : guerre en Ukraine attaqué par la Russie , guerre génocidaire à Gaza en phase d’extension au Liban menée par Israël, guerre en Iran attaqué par les Etats Unis et Israël et en voie de généralisation à tout le moyen Orient, multiples conflits guerriers en Afrique etc. Conséquences : les industries d’armement sont au taquet, les budgets de défense explosent , l’Europe lâchée par les Etats-Unis panique et en France l’armée réactive le service national en recrutant des jeunes volontaires. Bref, l’air ambiant de ce printemps 2026 , déjà bien pollué, dégage de forts remugles bellicistes et sourd l’idée que c’est moins l’insurrection qui vient que la catastrophe qui déboule. Ce sentiment de menace éprouvé mais dénié par la jeunesse du printemps de 1914, à la fois si loin de nous et si proche, Eric Vuillard le dépeint de façon poignante dans un chapitre de La bataille d’Occident :
LES JONQUILLES avaient fleuri dès la mi-mars. Puis ç’avait été le tour des cerisiers, des magnolias, de toutes ces touffes blanches et roses qui poussent orphelines sur des branches noires. Cette année-là, on avait vu de belles fleurs blanches sur les buissons, des nattes de fleurs très serrées, bien plus serrées que d’habitude. Sans doute, il avait fait froid assez tard et, tout à coup, un redoux avait permis cela : une éclosion dense et rare de toutes les fleurs en même temps. Les genêts aussi avaient été très jaunes cette année, d’un jaune vif et frais. Dès avril, les…
Auteur: dev

