Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), correspondance
Pour des atteintes à plusieurs dispositions des Codes de l’urbanisme, de l’environnement et du patrimoine, le parc à thème prétendument « historique » Rocher Mistral, situé au château La Barben (Bouches-du-Rhône), était jugé le 4 février par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
Il est reproché à la société qui gère les lieux d’avoir porté atteinte à une colonie de chauves-souris dans les sous-sols du château, des murins à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), sans demande de dérogation de destruction d’habitat. « Une espèce protégée, menacée d’extinction en région Paca », expose Mathieu Victoria, l’avocat de France Nature Environnement 13 (FNE 3), association qui s’est constituée partie civile.
Rocher Mistral est aussi poursuivi pour avoir aménagé les espaces extérieurs du monument historique sans autorisation : éléments scéniques portant atteinte aux végétaux du jardin à la française, parkings sur des parcelles agricoles, cheminement dans des ruines sans fouilles archéologiques au préalable, scène, guinguette et billetterie sur l’ancien potager…
Un comble pour le fondateur de Rocher Mistral, Vianney d’Alançon qui se fait le héraut de la sauvegarde du patrimoine. Proche des milieux catholiques intégristes, le chef d’entreprise de bientôt 40 ans a continué de se mettre en scène comme un bienfaiteur à la barre, tantôt pourvoyeur de « 400 emplois », ou bien « 200 » selon les moments.
Ses motivations ? Garantir un modèle économique pour financer la rénovation du château, sinon, « dans un siècle il finira en tas de pierres », dit l’un de ses avocats, Bruno Rebstock. Ses difficultés ? Les lenteurs et lourdeurs administratives ainsi que le « harcèlement et l’opposition dogmatique » du maire.
Un dirigeant qui « assume »
Vianney d’Alançon « assume » s’être passé…
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy

