Si vous lisez lundimatin, vous n’avez pas pu passer à côté de la campagne Désarmer l’empire Bolloré lancée il y a plus d’un an. Parmi les très nombreuses initiatives et les journées d’actions, la question de l’emprise du magnat sur le livre reste celle qui a suscité le plus de réactions enthousiastes ou polémiques. On se souvient notamment de l’appel au boycott d’une centaine de libraires, nous en avions d’ailleurs longuement discuté dans ce lundisoir. Cependant, un acteur de la chaîne du livre avait jusque là était épargné par les appels à la désertion : les auteurices. Campagne dans la campagne, c’était l’objectif de « Chère Auteurice », s’adresser directement à celles et ceux que l’on lit et apprécie mais que l’on sait désormais pris dans les tentacules du milliardaire Breton via son rachat de grands groupes comme Hachette. Comme nous le verrons dans ce bilan d’étape, il est plus facile de ne pas acheter un livre que de changer d’éditeur et cela pour de très bonnes et d’un peu moins bonnes raisons.
« Aujourd’hui, ainsi que pendant la guerre de 1940 à 1944, le refus de collaborer avec toutes les institutions culturelles du pouvoir gaulliste doit s’imposer à tout écrivain, à tout artiste d’opposition comme la décision absolue. La culture est le lieu où le pouvoir trouve toujours des complices. Par le moyen de la culture, il récupère et réduit toute parole libre. »
Maurice Blanchot
L’heure du bilan d’étape !
Cela fait plus d’un mois que la campagne « Chère Auteurice » a été lancée. Un mois particulièrement dense pendant lequel la rentrée sociale a pris le pas sur la rentrée littéraire, où nous avons été nombreuses à bloquer et manifester pour tenter d’enrayer le cours devenu affreux du monde. Sans y mettre toute l’attention que nous aurions voulu, cette initiative a pourtant suivi son chemin : plus d’une centaine de lettres reçues, plusieurs journalistes qui ont adressé nos questions aux…
Auteur: dev

