En attendant le « reprise des cours », des professeurs du secondaire ont réuni ces quelques réflexions quant à l’ambiguïté à laquelle les accule leur « statut » et au chantage exercé par l’institution qui les retourne de facto contre le mouvement.
« L’agent public doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »
Code général de la fonction publique (article L121-10)
1. Non, ce n’est pas « leur » mouvement : le mouvement des lycéens, en ce qu’il concorde précisément avec nos revendications, est aussi le nôtre. Il faut donc s’en sentir partie intégrante et se demander : que nous faut-il faire pour contribuer à faire triompher notre mouvement ?
2. D’abord, reconnaitre une chose : les lycéennes ont réussi là où les professeures ont échoué. Notre profession, corporatiste et « bonne élève » est si soucieuse d’être constructive et respectable qu’il y a bien longtemps qu’elle n’est plus prise au sérieux. Après des années de mobilisations de personnels de l’éducation, qui se sont révélées pour la plupart perdantes, car elles cherchaient à rester crédibles aux yeux du gouvernement, le mouvement lycéen nous met face à nous-mêmes : allons-nous, cette fois encore, rester respectables ?
3. Rester « respectables », c’est persister à « remplir notre mission » comme si de rien n’était. Ne surtout pas déroger à nos « obligations légales » : la place d’une professeure est dans sa salle de classe, n’est-ce pas ? et puisque certaines élèves veulent faire cours, quelle professeure serais-je si je ne les prenais pas ? C’est se persuader que sa place n’est pas dehors, avec les élèves qui bloquent, mais bien dedans, derrière la vitre, derrière la grille – il ne s’agirait pas de cautionner, par notre…
Auteur: dev
