Au mois d’octobre dernier, nous avions publié « Chère Auteurice », une lettre et un bilan d’étape de la campagne Désarmer Bolloré qui encourageait, entre autres choses, les auteurices à déserter le groupe Hachette et donc l’empire Bolloré. Tout le pataquès autour du limogeage d’Olivier Nora et l’annonce par de nombreux auteurs de leur volonté de quitter Grasset méritait bien une nouvelle missive. Qui sait, déserter pourrait être un premier pas vers désarmer ?
Cher.es auteur.ices,
À vous qui quittez aujourd’hui Grasset avec bruit et fracas.
À vous qui criez aujourd’hui votre défense du pluralisme, qui dénoncez des « atteintes à la liberté liberté d’expression », qui pointez du doigt un « autoritarisme » et pour certain.es même un fascisme. À vous et à tout.es, celles et ceux qui s’insurgent avec vous sur les plateaux télé, aux micros des radios et dans la presse mainstream.
À vous que nous interpellions en septembre dernier pour vous appeler à déserter et à rejoindre de tout votre pouvoir symbolique et économique la mobilisation contre la « guerre idéologique » de Vincent Bolloré. Vous auriez pu sortir la tête haute de cette histoire. Des centaines de lectrices vous l’ont demandé. Et on aurait pu le faire ensemble. Mais vous nous avez rendu du silence, des fins de non-recevoir et des réactions outrées. Vous vous retrouvez à faire six mois plus tard ce que vous refusiez catégoriquement. C’est ballot.
Vous ne serez pas les héroines de cette histoire. C’est trop tard. Ou peut être trop tôt si elle ne fait que commencer. À vous de voir ! Nous avons quelques pistes à vous proposer parce que déserter peut être le premier pas vers désarmer.
Où va-t-on quand on déserte ?
Pourquoi votre indignation publique arrive si tard ? Rien de bien nouveau sous le soleil depuis le rachat d’Hachette par Bolloré – il y avait déjà tant de preuves de sa volonté de nuisance…
Auteur: dev

