Le pain et le beurre de tout scientifique sont les données qu’il recueille au fur et à mesure de ses recherches, qu’elles soient terrain ou à partir de bases de données, qu’elles soient qualitatives ou quantitatives, ou les deux. Dans tous les cas de figure, le chercheur s’appuie sur ses données pour peaufiner des théories existantes, élaborer des hypothèses, confirmer des modèles, bref pour apporter à la science une valeur certaine qui permettra, l’espère-t-il (tout comme les revues scientifiques qui le publient), une amélioration de ce que l’on pourrait nommer la condition humaine.
Or, personne n’est sans savoir que les données de recherche sont sujettes à de nombreuses attaques, par exemple par le biais de piratage informatique ou de vol de propriété intellectuelle. Parmi mes nombreux articles qui examinent le phénomène de mise en vulnérabilité économique, je définis cette « techno-prédation » comme l’appropriation ou l’utilisation planifiée « et indésirable d’une nouvelle technologie par une partie prenante (ci-après dénommée le « techno-prédateur ») d’un réseau d’innovation, au détriment du créateur de ladite technologie (ci-après dénommé la « techno-proie »)… Ce phénomène peut avoir plusieurs formes et impliquer plusieurs parties prenantes (investisseurs, sociétés, universités, chercheurs, inventeurs, ou un mélange des cinq). Elle peut aussi être le sort d’universités ou autres institutions inexpérimentées qui sont peu enclines à protéger leurs chercheurs ou incapables de le faire ».
Il faut retenir de cette définition que personne n’échappe à des tentatives d’escroquerie dans le domaine scientifique. Même le proche collaborateur avec lequel un scientifique travaille depuis 20 ans s’avérera un « traître » si son idéologie ou ses croyances le guident vers une voie qui diffère de la mission première de la recherche, ou alors s’il est…
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Auteur: Olivier Mesly, Enseignant-chercheur au laboratoire CEREFIGE, université de Lorraine, professeur de marketing, ICN Business School

