Moquette rouge, tables de billard en enfilade, lampes des années 1970 et néons. L’ambiance est un peu rétro. Dans cette salle du 12e arrondissement de Paris, tous·tes les joueur·ses semblent très concentré·es. Au fond, Samuel organise une séance, comme chaque semaine. Mais ce moment de convivialité est un peu particulier : les personnes invitées sont, pour la plupart, des inconnu·es les un·es pour les autres.
Sous la lumière tamisée, une vingtaine de personnes se regroupent autour des tables de pool. On pourrait presque croire qu’ils et elles se connaissent. Pourtant, si l’on y prête attention, leurs échanges ressemblent davantage à des premières conversations. « Salut, toi aussi tu es un frimaker ? » Un quoi ? Frimaker : personne qui utilise l’application Frimake, créée en 2019. Le principe : chacun·e des utilisateur·ices peut proposer une activité ouverte à tous·tes et gratuitement.
Que faire en effet de son temps libre lorsqu’on ne connaît personne dans sa ville ? « Les gens voient la solitude comme une tare, alors qu’on est juste des personnes normales », lâche Rémi, utilisateur de Frimake et désormais référent pour certaines soirées. L’idée de l’application est née d’une banale discussion entre ami·es. Alae Elhayyate, son fondateur, raconte : « J’avais une collègue qui avait été mutée à Paris et elle me disait qu’elle n’arrivait pas à se faire des copines. » Il n’existait pas d’application de ce type tournée vers un public jeune : il fallait l’inventer.
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Désormais, Frimake compte 600 000 membres, selon Alae Elhayyate. La majorité sont des jeunes travailleur·ses. L’entrée sur le marché du travail…
Auteur: Élise Leclercq

