Et si la relation mère-petit ne façonnait pas seulement les comportements, mais aussi le cerveau lui-même ? Une étude publiée en janvier 2026 dans Nature Communications montre que les poulains élevés plus longtemps avec leur mère développent des compétences sociales plus riches, un métabolisme différent. Et même des structures cérébrales distinctes !
Pour comprendre ces écarts, des chercheurs du CNRS et de l’INRAE ont suivi 24 poulains. La moitié élevés avec leur mère. L’autre moitié séparés à six mois, comme c’est fréquent dans les élevages. Pendant plusieurs mois, ils ont observé leurs interactions sociales et analysé leur cerveau à l’aide d’IRM.
« En éthologie, on ne fait pas d’évaluation subjective du comportement », précise la chercheuse en éthologie Mathilde Valenchon, co-autrice de l’étude. « On utilise des méthodes qui permettent de quantifier les comportements pour les analyser statistiquement », explique-t-elle à La Relève et la Peste.
Des poulains plus sociables
Les poulains ayant grandi aux côtés de leur mère se révèlent plus actifs socialement.
« Ils exprimaient plus d’interactions sociales, notamment des interactions affiliatives comme le jeu ou le toilettage mutuel », explique Mathilde Valenchon.
Ils se montrent aussi plus sociables face à l’inconnu. Lorsqu’un cheval qu’ils ne connaissent pas apparaît, ils s’en approchent plus rapidement et adoptent des comportements amicaux plutôt que défensifs. Dans le groupe, ils occupent également une position plus centrale. En somme, ils évoluent plus aisément dans la vie sociale du troupeau.
« Être compétent socialement permet d’établir des liens, de les conserver et de s’adapter à la nouveauté sociale », souligne Mathilde Valenchon. « C’est important tout au long de la vie de l’animal ».
Un autre résultat a particulièrement surpris les chercheurs. Les poulains élevés avec leur mère passent moins de…
Auteur: Joanna Blain

