Chez les pêcheurs de la Manche, le Brexit fait encore des vagues

« Il y a des fileyeurs, des caseyeurs et nous, les coquillards (1), c’est la première fois que je vois une telle manifestation. » John est formel. Le matelot du bien nommé Trafalgar n’a pas souvenir d’un tel moment de communion entre pêcheurs. Ils sont venus des ports normands de Granville, Pirou ou encore Carteret, de Saint-Malo, en Bretagne, et même de l’île anglo-normande de Jersey, afin d’exprimer leur ras-le-bol contre l’érosion continue de leurs droits et de leur accès aux zones de pêche, ainsi que la complexité administrative de leur métier.

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Différents types de bateaux de pêche en fonction de leurs techniques.

« À titre personnel, je suis sur le carreau des licences de pêche pour aller dans les eaux de Jersey, car l’administration n’avance pas sur mon futur bateau, qui sera mis à l’eau prochainement », dénonce Emmanuelle Marie, matelot sur le caseyeur La Petite Laura et coordinatrice du mouvement des pêcheurs. Qu’importe la taille de son embarcation ou sa technique de pêche, chaque pêcheur artisan présent ce 17 octobre peste contre les administrations française et britannique, coupables à leurs yeux de les laisser dans le brouillard sur leur avenir.

Si ce mouvement peut faire penser à la grogne de certains agriculteurs, la comparaison s’arrête là, car la situation fait figure d’exception géopolitique. Dans les années 2000, les accords de la baie de Granville régissaient l’activité halieutique dans cette zone à cheval sur les régions de Normandie, de Bretagne et des eaux de Jersey.


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Auteur: Guy Pichard

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