« Chez Primark, tout le monde y trouve son compte »… Ou presque. Le slogan de l’enseigne irlandaise de prêt-à-porter vaut sûrement pour les clients prêts à dénicher des vêtements à prix défiant toute concurrence, mais pas nécessairement pour ses travailleurs.
« Stop à l’esclavage ! » arborait une banderole sur les balustrades du centre commercial Porte Jeune de Mulhouse, le 22 mars dernier. Pendant deux heures, une vingtaine de salariés soutenus par la CGT se sont époumonés pour interpeller la clientèle du magasin et la direction postée devant eux. « Patrons brigands », clamaient-ils.
L’ambiance tranche avec la « folie » de l’ouverture de cette 24e boutique en France en juillet 2023. Une haie d’employés accueillait la foule d’un millier de personnes impatientes de découvrir les 3200 m2 de bonnes affaires. « Tout le monde souriait, il y avait de super bonnes vibes », se remémore Naïm*, un des grévistes actifs, à propos des premiers mois. Depuis, les griefs s’accumulent tellement qu’il est difficile d’être exhaustif : sous-effectif, heures non payées, management toxique, surveillance des employés…
Rats, eaux sales et épaules usées
« Primark c’est l’enfer », tranche une ex-salariée qui a tenu un an et demi dans l’établissement du centre commercial de Lyon Part-Dieu. Là-bas, une partie des salariés lyonnais a imité leurs camarades alsaciens en débrayant une semaine après ces derniers, le 28 mars. Ils n’ont pas supporté le changement de planning, imposé par leur direction : 11 heures-16 heures, ce qui empêche les mamans solos d’aller chercher leurs chérubins à la sortie d’école. « Vous n’aurez qu’à prendre une nounou », leur a-t-on répondu…
Plafonds effondrés
Dans les sous-sols de Primark à Lyon, les plafonds s’effondrent.
Dix jours avant, le 18 mars, une mousse du plafond s’était effondrée sur le personnel du stock, au…
Auteur: Ludovic Simbille

